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Museo Atlantico

Il faisait beau ce vendredi, nous sommes donc allés … au musée. Cela dit un musée un peu spécial puisqu’il se tient à 12 mètres au-dessous de la surface. Composé de 300 sculptures de l’artiste anglais Jason deCaires Taylor, toutes les pièces ont été conçues pour s'adapter à la vie marine endémique. Chaque statue a d’ailleurs été moulée sur un Canarien ou une Canarienne. Ces statues de béton n’ont pas simplement un but artistique, médiatique, mais aussi de conservation. Sur un fond constitué alors que de sable, c’est tout un récif naturel qui a été créé. Le moniteur que nous avons suivi pour cette plongée nous explique que depuis son ouverture, le site n’a cessé de voir apparaître de nouvelles espèces animales et végétales. D’ailleurs en comparant notre visite aux photos que l’on trouve sur internet, l’on peut aisément constater que la vie marine s’y trouve à son aise. C’est ainsi amusant de voir une statue se faire mordre les fesses par un poisson venu y manger quelques algues.

Occupant une surface de 2500m2 il nous a fallu un peu plus de 40min pour faire le tour de 10 oeuvres racontant toutes une histoire différente.

Ainsi “La Balsa de Lampedusa” évoque la tragédie des migrations clandestines maritimes. Régulièrement des embarcations tentent la traversée depuis le continent africain. Ainsi l’on nous explique que ce ne sont pas seulement des embarcations arraisonnées en mer par les autorités, mais souvent des corps retrouvés en mer ou échoués sur les rives des îles. A Bob, notre moniteur, d’ajouter, “S’ils ratent une île, la prochaine terre c’est le Brésil…”.

Le radeau de Lampedusa

Moulée à partir d'un pêcheur local sur l'île de La Graciosa, sur la côte nord de Lanzarote, la sculpture du “le bûcher immortel” est composée d'une série de bâtons de béton qui représentent un bûcher funéraire traditionnel. En effet, sur des îles composées principalement de roches, on y creusait pas de trous pour y enfouir les défunts.

Le mur. La traversée de Rubicon

“La traversée du Rubicon” se compose d'un groupe de 35 personnages qui marchent vers un mur et une porte sous la mer. Cette dernière représente une frontière entre deux réalités et un portail vers l'océan Atlantique. Le mur, en partie organique, en partie industriel, mesure 30 mètres de long sur 4 mètres de haut et contient une simple porte rectangulaire en son centre. Il souligne que les notions d'appartenance et de territoire ne sont pas pertinentes dans le monde naturel. À une époque de patriotisme et de protectionnisme croissants, il vise à nous rappeler que nous ne pouvons pas séparer nos océans, notre air, notre climat ou notre nature de la même manière que nous gérons nos terres et nos possessions.

Traverser le Rubicon, c'est franchir un point de non-retour. Le travail vise à marquer 2017 comme un tournant, une ligne rouge et un rappel que nos océans et notre climat changent et que nous devons prendre des décisions urgentes avant qu'il ne soit trop tard.

Faceless / Sans visage : évoque la distanciation de la réalité au travers des médias (selfies)

L'œuvre intitulée «Descontrol» ou “Hors de contrôle” est un ensemble de sculptures qui forment un terrain de jeu dans lequel des hommes d’affaires jouent en costumes cravates; affourchant une balançoire en forme de pompe à pétrole, ils démontrent l’indifférence et l’arrogance du monde des multinationales envers la nature.

La balançoire “Hors de controle"

Notez pour finir que notre vidéo se termine au-dessus de l’oeuvre “Le portail”. Une jeune fille “hybride” (en quoi nous ne le savons pas), regarde un miroir qui reflète la surface de l’océan en mouvement. L’artiste voulant représenter l’eau dans l’eau. Pour ma part, j’y ai vu … mon propre reflet; me poussant aussi a réfléchir sur la propre condition de “plongeur” voire de locataire des océans et mon rôle à jouer dans toutes ces préoccupations.

Reflet de l'eau, reflet de plongeur sur ce miroir des profondeurs.
Hors saison, le musée était rien que pour nous deux.