Bob nous a lâchés

Surprenante Galice!

Tu ne croyais pas si bien dire. Que dire de cette région dont on nous a vanté tant de douceur et de beauté. Pauline et Kevin, le couple d’amis qui nous a devancés de deux mois sur cette route vers le sud, ont dressé un portrait des plus délicieux de cette région d’Espagne; avec des descriptions et des illustrations dignes d’un guide touristique. Nul doute que notre empressement à finir les travaux et quitter les côtes françaises était également motivé par leurs récits idylliques. Je vous partage ici, l’article de Pauline à ce propos :

https://vogamorgos.com/blog/roman-photo/la-galice-en-photos

(je vous encourage d’ailleurs à aller faire un tour sur le reste de leur blog, c’est un délice).

Nul doute aussi que les paysages se transforment vite en deux mois. Certes nous avons pu profiter d’un peu de soleil et de douceur début novembre, mais le contraste s’est vite établit par la suite. Le ciel bleu a laissé place aux grains et les shorts ont laissé place aux vestes de quarts avec trois couches au-dessous.

Petite comparaison illustrée:

Les Iles Ces en septembre. © vogamorgos.com

 

Les mêmes deux mois plus tard

 

Septembre. © vogamorgos.com

 

Novembre

 

Mais notre moral n’en est pas atteint pour autant. Certes nous aurions préféré bénéficier de meilleures conditions en pouvant partir plus tôt, mais ce doit être un peu le jeu du lièvre et de la tortue. Quand sonnera l’heure de quitter les eaux bleues pour certains, nous nous aurons toutes nos années de voiles devant nous.

Profitez bien Vogamorgos, on se croisera encore sur cet océan !

 

Mais du coup, qui est Bob ?

Bob est le nom affectueux que nous avons donné à notre pilote automatique. Cette petite boite grise qui reçoit les informations de la boussole et qui contrôle la pompe hydraulique de barre pour maintenir le cap.

Mais voilà. Après de nombreuses années d’utilisation (par les propriétaires précédents), ce dernier a décidé de ne plus fonctionner une fois arrivé à La Corogne. Nous l’avons donc envoyé pour un court séjour dans une clinique privée (comprenez un atelier de réparation) pour voir s’il se rétablissait, mais non. Cela n’a pas suffi et il semble bien qu’il ait perdu le nord. Le comble …

R.I.P Bob

Ne voulant par perdre plus de temps maintenant a essayer d’autres réparations hasardeuses, nous décidons de poursuivre notre route vers le sud sans pilote. À la Mano, nous nous relayons à la barre. Après notre deuil fait, nous estimons que ce n’est pas plus mal que le hasard nous renvoie un peu aux bases de la voile. Dans sa chute, et nous ne savons toujours pas pourquoi, la sonde de profondeur nous a également lâchée. Pourtant neuve de quelques mois, elle a décidé de taire ses lectures du fond. Déjà que nous n’avons pas un petit tirant d’eau, il va nous falloir faire davantage attention aux endroits où nous promenons notre quille. Cela nous renvoie une fois de plus au basique, faire confiance a la bathymétrie reportée sur les cartes (courbes de profondeur) et utiliser notre sonde à main avec son plomb au bout.

 

La clémence des cieux semble également nous avoir lâchés. Nous avions pu profiter d’un temps relativement clément les deux premières semaines en Espagne, puis la météo a changé du tout au tout. À l’heure actuelle les dépressions s’enchaînent en Atlantique Nord, bien alignées les unes derrière les autres. Certes nous subissons des vents bien moins violents que sur les côtes Bretonnes, mais plus de mers par contre. Celle-ci n’a presque jamais le temps de retomber entre deux passages de dépression. La hauteur moyenne des vagues reste au-dessus de 3 mètres et orientée Nord-Ouest. Ce qui nous amènerait à les avoir en travers sur notre route pour le sud; moyennement agréable pour les navigations.

Du coup nous prenons notre mal en patience ou plutôt en opportunité. Bien amarré dans le petit port de Cangas en face de la ville de Vigo (choisi pour ses tarifs plutôt bas), nous mettons à profit le temps et le mauvais temps pour mener à bien deux projets qui devront, à terme, pouvoir équilibrer nos comptes. Car c’était cela le plan de départ, partir avec deux années payées d’avance pour nous laisser le temps d’être auto suffisante. Mais tout cela, nous vous le détaillerons bien plus tard quand cela se mettra en place, beaucoup de travail nous attend encore.