Les bons, la fuite et les bidons

Une étape marquante est franchie ce mardi 29 septembre; la remise à l’eau. La majorité des travaux sont terminés, le bateau retrouve son élément. Cela dis, le grand départ ne suivra pas pour tout de suite étant donné la multitude de petits détails encore à régler. Ne serait-ce que de tester tous les nouveaux équipements par quelques sorties en mer dans la baie de Quiberon.

Mais le moral est bon avec cette étape attendue depuis le début des travaux, 9 mois plus tôt. Le Télémaque a pavoisé pour l’événement.

Dernier coup d'antifouling sous les patins.

Cela dit notre fier navire ne peut se mouvoir tout de suite de lui-même. Nous avions vidangé et nettoyé nos cuves à diesel, car le carburant était contaminé par des bactéries. Et oui, dans le milieu marin des bactéries se forment dans des réservoirs à faible brassage où la condensation y fait apparaitre de l’eau. Le bateau ayant donc bien soif, il est pris en remorque au ponton carburant pour un “petit” plein. Euphémisme,  car selon les propriétaires précédant le réservoir principal peut contenir 1200 litres et l’auxiliaire 300 litres. Nous décidons de les remplir afin de tester et connaître notre bateau.

Ca ne sera pas tout les jours, on se rassure.

Du coup nous apprenons que le réservoir principal peut en contenir 1800 et l'auxiliaire 300. Cela dit ça se comprend par l’époque à laquelle il fut construit (1980) où l’on ne se souciait pas du prix du carburant, encore moins de l’écologie. Une chaudière au gasoil ainsi qu’une grosse génératrice (qui fut enlevée par la suite) offraient alors au bateau une autonomie en énergie conséquente.

Notre choix, dès le début des travaux, s’est porté sur une indépendance énergétique. Nous voulions pouvoir disposer d’énergie (électrique) et de chauffage sans l’usage de carburant. Ainsi nous avons installé une éolienne, un hydrogénérateur des panneaux solaires et un poêle à bois. Moins dans une démarche écologique que de redondance pour faire face en cas de besoin.

Mais pourquoi diable lui coller deux tonnes de fioul dans les entrailles ? Comme dit, nous voulions toutes les capacités du bateau et éviter d’avoir de l’eau qui puisse condenser en gardant les réservoirs pleins. Ensuite, il nous sera nécessaire d’avoir une certaine autonomie en carburant pour nous sortir de mauvais pas au moteur, éviter la trace d’un ouragan par exemple.

En testant les pleines capacités, nous avons pu également mettre au jour une fuite. Oui, une fuite … de carburant … sur le réservoir principal. Indétectée jusqu’alors en raison du faible remplissage de la cuve à l’achat du bateau. Mais une fois cette dernière pleine à 100%, le diesel à fait son chemin jusque sous le moteur. Après nettoyage nous avons pu remonter la fuite jusque sous la cuisine, sur un des côtés du réservoir qui prend toute la largeur du bateau et se situe sous les planchers. Rémi eu la bonne intuition et a découpé le fond d’un placard de la cuisine et a trouvé juste l’endroit de la fuite. Moi, curieux, et débarquant avec mes gros doigts je mis le doigt dessus, au sens propre (enfin par si propre que cela). Mal m’en a pris, car j’ai accidentellement rompu un équilibre de déchet obstruant le trou de fuite qui s’est mis à couler de plus belle. Je mis donc le doigt dessus pour contenir le flot de carburant qui devait bien fuir à 1 litre par minute. À moitié tordu dans le placard, la main coincée au fond du trou le doigt sur la fuite, j’empresse (je hurle) sur mes coéquipiers de me trouver n’importe quoi pour colmater.

Notre salut est trouvé avec des ….. boules quies. Enfin pour l’instant. Il va falloir maintenant procéder à une réparation sans pour autant éventrer le bateau. Mais pour ce faire, il nous faut faire baisser le niveau de carburant.

Comment faire ? Nous sommes déjà au ponton à l’autre bout du port, la zone de manutention du port ne peut nous accueillir le lendemain et un coup de vent est attendu; c’est-à-dire pas de remorquage. Ha oui c’est vrai que le faisceau du moteur n’étant pas encore rebranché, nous ne pouvons toujours pas nous mouvoir de nos propres moyens.

Décision est prise d’acheter une cuve à la hâte au Brico de Vanne. Avec l’aide d’artisans, nous nous faisons livrer la cuve au plus près du ponton (100m) ainsi que des bidons de 20L et une pompe.

1m x 1m x 0.8m = 800L

Le lendemain 9h00 nous commençons le transvasage. Il nous faut vider 700-800L du réservoir aux bidons, transporter les bidons et les vider dans cette cuve. Et comme de bien entendu la marée ne nous aide pas, puisque ce matin c’est basse mer et donc 4m de plus à escalader.

Remplissage

 

Je n'ai fait qu'un voyage sur les 20, mais c'est moi qui ait les honneurs d'une photo !

 

Déremplissage

Avec peine, mais sourire nous réussissons l’opération et après un nettoyage de tout le diesel resté un peu partout et un peu de rangement nous pouvons aller nous doucher et nous mettre à l’aise. Car une violente tempête est attendue pour la nuit.