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Le moteur qui fait vroum vroum

Quand il ne tourne pas, c’est 700kg de poids mort qui alourdi le bateau et réduit donc ses performances sous voiles (sans compter les 1200L de diesel). Mais pourquoi diable a-t-on besoin d’un truc lourd, qui pollue, qui nécessite un entretien régulier alors que l’on a un voilier qui avance à la seule discrétion du vent; sans bruits et emprunt d’une certaine légèreté ? Pourquoi ne pas utiliser un moteur électrique ? Ce serait dans l’ère du temps et dénoterais une démarche écologique, non ?

 

Si nous voulions installer un moteur électrique, considérons les faits suivants : notre moteur actuel peut fournir 185 hippocampes (chevaux marins), c’est ce qu’il faut pour pousser les 20 tonnes du Télémaque. Mais pour le propulser à 6-7 noeuds, la moitié de la puissance suffit. Donc environ 90 chevaux (60kW) qui consomment 10 litres de diesel à l’heure. Considérons également qu’un système électrique serait plus efficient et que nous aurions besoin de moins de puissance, après tout, l’on n’est pas pressé. Un coup d’oeil chez OceanVolt qui propose un système pour bateau d’environ 57 pieds (55 pour nous). Deux moteurs de 15kW couplés à un parc de batterie de 16kWh. Ce qui représente une autonomie de grosso modo de deux heures à mis régime.

Étant donné que l’on utiliserait le moteur que pour entrer/sortir des ports et pour l’arrivée/départ d’un mouillage, ne serait-ce pas la solution idéale ? D’autant plus que l’on utiliserait nos panneaux solaires, éolienne et hydrogénérateur pour recharger ce parc de batterie.

Ça sonne trop beau, ben oui.

Premièrement: le prix. 50’000€ pour le système, c’est déjà la moitié de la valeur du bateau.

Deuxièmement: le poids. 16kWh c’est presque 500kg de batteries pour lesquels il faut encore trouver de la place pour les caser; en plus de celles pour les équipements du bord.

Troisièmement (et surtout) : la sécurité. Il permet de faire face aux pannes, avaries et au mauvais temps. Que faire avec cette autonomie de deux heures quand il y a un blessé à bord et qu’il faut d’urgence regagner un port? Que faire lorsque le mauvais temps n’est pas attendu, plus violent et qu’il se prolonge ?

En 24 heures, au moteur diesel, il nous est possible de faire 170miles (~320km) face au vent pour sortir de la trace d’un ouragan. Avec un plein notre autonomie devrait atteindre les 1000 miles.

Le tout électrique séduit beaucoup et nous serions partant, mais pas avec ce peut de garanties qu’offre un système à l’autonomie (pour le moment) limitée. Si l’on tombe en panne (sèche?) avec une voiture électrique, on peut s’arrêter au bord de la route, appeler un dépanneur ou à la rigueur passer une nuit dans un motel. Ce n’est pas si grave et ça fait des souvenirs. En mer, avec l’expérience dont nous disposons aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous permettre de partir sans ce filet de sécurité.

Par contre, pour notre annexe, nous utiliserons un moteur hors-bord électrique. Pour effectuer une rotation à terre chaque jour et recharger la batterie le soir avec l’éolienne, c’est parfait.

 

Le moteur du Télémaque est plus âgé que nous. Ce modèle 6.3544M de Perkins, construit en 1980, est d’une robustesse à toute épreuve. En tout cas, c’est ce que l’on nous dit en apprenant plus à son sujet. Développée à l’origine pour des applications industrielles et agricoles, une version marinisée équipe notre bord. Malgré son âge, avec nous  il a toujours démarré au quart de tour. À l’inverse, ce sont les accessoires, démarreur, alternateurs, pompes, etc. qui flanchent avant. Pour lui donner un coup de “neuf”, nous l’avons entièrement nettoyé et repeint. S’il est sale, comment voir s’il y a une fuite quelque part ? Nous nous sommes donc affairés pendant presque deux semaines, pliés en deux dans la salle des machines à le bichonner. J’espère qu’il nous le rendra ! Il reçoit une pompe à eau neuve. Certes elle fonctionne toujours, mais vu son état d’oxydation, nous préférons prévenir la panne. Il reçoit aussi un nouvel alternateur de puissance. 140A nous permettront de pallier à des pannes d’énergies. Nous gardons le petit actuel qui servira de pièce de rechange.

Avant peinture

 

Après peinture

 

Des pièces d’usures telles que filtres à huile et filtres à carburants seront emportées en surplus pour avoir toujours une longueur d’avance sur les services. Nous avons aussi de nombreuses pièces détachées; laissées par les précédents propriétaires tout autant méticuleux. Ainsi en cas de pannes, nous pouvons changer de démarreur, d’alternateur, de pompe d’injection à haute pression, de pompe à eau de mer, de répartiteur, join de cullasse et bien d’autres petits éléments.